Retirer sa plainte n'arrête pas la procédure
Une fois la plainte déposée, c'est le procureur de la République qui décide seul de la suite : classement, mesure alternative ou poursuites devant le tribunal (article 40-1 du code de procédure pénale). Le retrait de la plainte ne l'oblige à rien. En matière de violences conjugales, la procédure se poursuit très souvent malgré le retrait.
Ce que la position de votre conjoint peut changer
Elle n'efface pas les faits, mais elle n'est pas sans effet. Votre conjoint peut faire connaître sa position par écrit au procureur ou au juge, être entendu, et décider de ne pas demander de dommages et intérêts. Ces éléments peuvent être pris en compte dans la réponse apportée au dossier, et dans l'appréciation des mesures en cours.
Si une interdiction de contact s'applique
Le fait d'être de nouveau ensemble ne lève pas l'interdiction : seul le juge peut la lever ou l'aménager, même si votre conjoint est d'accord. Tant qu'aucune nouvelle décision n'est rendue, vivre ensemble expose à des conséquences sérieuses. La bonne voie est une demande de levée ou d'aménagement, présentée sans attendre. Voir Reprendre la vie commune malgré l'interdiction de contact.
Un point essentiel : aucune pression
La démarche doit venir de votre conjoint, librement. Lui demander de retirer sa plainte, de modifier sa version ou d'écrire au juge, même gentiment et même avec de bonnes intentions, peut être considéré comme une pression sur un témoin, ce qui constitue une infraction (article 434-15 du code pénal) et se retournerait contre vous. Laissez-lui prendre ses propres décisions, éventuellement avec son propre conseil.
Ce qui vous aide vraiment
- Respecter strictement les mesures en vigueur jusqu'à leur modification.
- Engager des démarches : suivi, soins, stage de responsabilisation, accompagnement du couple.
- Préparer l'audience avec votre avocat, en montrant ce qui a changé depuis les faits.
- Conserver les pièces utiles : justificatifs de suivi, emploi, logement, attestations.
Ce qu'il faut faire maintenant
- Relire les décisions reçues : convocation, contrôle judiciaire, ordonnance de protection.
- Respecter les mesures en attendant, sans contact interdit.
- Faire le point avec un avocat sur la demande de levée ou d'aménagement.
- Préparer, avec lui, la suite de la procédure.
Maître Walid ChamkhiAvocat inscrit au Barreau de Nantes, intervient à Nantes
Information générale, qui ne remplace pas l'analyse de votre situation. Honoraires TTC : garde à vue 498 €, procédure correctionnelle 1 200 €, levée d'une interdiction de contact ou modification du contrôle judiciaire 720 €, application et aménagement des peines 600 €, fixés dans une convention écrite. Voir la grille des honoraires.